Le discours du Maire du Beausset

 

"Si nous sommes réunis aujourd’hui pour notre fête nationale, avons-nous vraiment conscience que c’est notre fête à tous ? Des amis Américains avaient l’habitude de me souhaiter personnellement bonne fête ce jour là. Étonné au début, je pense qu’ils avaient raison.

C’est bien ce jour où nous devons nous rappeler la devise qui est gravée au fronton de nos Mairies et de nos écoles : Liberté, égalité, fraternité.

Cela va de soi, me dira-t-on. Eh bien, non.

La Liberté : sans parler des pays non démocratiques qui persécutent leurs minorités ou leurs opposants, la liberté est mise à mal en Europe même, comme en Hongrie ou Pologne sans que cela n’émeuve une partie de notre classe politique qui ne trouve rien de mieux que de tenter de créer avec eux des alliances au Parlement européen !

L’égalité : idéal affirmé dans nos textes fondateurs, mais réalité sans cesse repoussée, malgré des tentatives louables et des progrès dans la lutte contre la reproduction des inégalités.

La fraternité, sans laquelle nos deux premières valeurs n’auraient pas tout leur sens. La fraternité c’est le respect de l’autre dans sa différence. Je pense aux minorités qui se désignent sous le sigle LGBT. Eh oui, autour de nous, dans nos familles et chez nos amis nous avons des homosexuels, des transexuels. Ils ont droit au respect au nom de l’égalité, mais aussi de la fraternité. La loi prévoit d’ailleurs que nul ne doit être discriminé, notamment en raison de ses orientations sexuelles.

Je pense également aux migrants qui ont fui les guerres et/ou la pauvreté. Même s’il est indispensable de réguler ces flux au niveau des états et de s’opposer à l’attitude de certains états voyous qui se servent de cette misère comme moyen de pression sur l’Europe, il est inadmissible que certains partis, chez nous, se servent à des fins électorales de cette misère humaine.

Dans le contexte social et politique dans lequel nous vivons, il est vital que la Laïcité complète notre devise républicaine. La Laïcité, c’est le respect de toutes les croyances et la place du religieux dans la sphère privée, sans quoi la République se désagrège en communautés où chacun se sépare.

Célébrer la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, c’est également célébrer le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération, symbole d’une volonté de concorde et de fraternité dans la tumultueuse épopée révolutionnaire. C’est l’occasion de rappeler que la République n’est pas seulement une forme de gouvernement, c’est aussi une éthique, une manière de voir le Monde, une espérance.

Enfin, en créant la république, nos ancêtres ont choisi la démocratie représentative, comme mode d’expression de la volonté populaire. Même si elle n’a pas toujours tenu compte des véritables aspirations du Peuple et a parfois voulu occulter le débat démocratique, le système est irremplaçable. Je formule le vœu que les élus prennent leur responsabilité en faisant vivre leur mandat de manière démocratique, en restant proches des aspirations du peuple, et que les citoyens qui sont de plus en plus nombreux à s’abstenir lors des élections, s’emparent à nouveau de ce droit pour lequel nos ancêtres ont consenti tant de sacrifices. Rappelons que nos mères ou nos grands mères, pour certains, n’avaient pas le droit de vote dans leur jeunesse !

Je vous souhaite un 14 juillet radieux et fraternel.

Vive la République 

Vive la France"

Article publié le 16 juillet 2021